La chasse aux PFAS, les substances perfluoroalkylées et polyfluoroalkylées, s’intensifie en Alsace ! Alors qu’un projet de réglementation restrictive sur ceux que l’on qualifie de « polluants éternels » est à l’étude au niveau européen, et que la France applique progressivement des mesures d’interdictions d’utilisation dans certains domaines depuis janvier 2026, le monde industriel se penche activement sur le remplacement de ces substances très usitées pour leurs propriétés facilitant le glissement pour de nombreuses applications dans des environnements exigeants.
Afin de développer des alternatives capables de maintenir des niveaux de performance équivalents aux solutions actuelles, trois laboratoires alsaciens du CNRS - le Laboratoire d’innovation moléculaire et applications (LIMA), l’Institut de science des matériaux de mulhouse (IS2M) et l’Institut Charles Sadron (ICS) -, le Cetim et l’industriel APS Coating Solutions, viennent de former un nouveau consortium.
Au sein de ce consortium, le LIMA intervient en amont, en concevant et en synthétisant de nouvelles briques moléculaires destinées à remplacer les PFAS. Ces premières formulations sont ensuite étudiées par l’IS2M, qui les transforme en matériaux et en revêtements exploitables. L’ICS, en collaboration avec le Cetim évalue les propriétés tribologiques et mécaniques des matériaux produits, ainsi que la stabilité thermique, la résistance chimique et l’énergie de surface. Enfin, APS Coating Solutions intervient sur la définition des cas d’usage, la mise à disposition de référentiels de performance de différents secteurs industriels, l’identification des contraintes d’application et l’industrialisation des procédés de dépôts. La coordination est assurée en parallèle par le Carnot MICA et le Carnot Cetim.
Prévu sur une durée de 4 ans, ce programme va s’appuyer sur 3 thèses de doctorat, dont deux financées par le Cetim. À moyen et long terme, les partenaires envisagent d’inscrire cette collaboration dans la durée, avec l’élargissement du consortium à d’autres partenaires, la création d’un laboratoire commun et le lancement de nouveaux programmes dédiés à la substitution des PFAS. Des financements complémentaires, nationaux, européens et industriels sont également à l’étude pour accélérer et élargir le périmètre du projet.