Le secteur de l’impression 3D industrielle continue de se structurer. La publication coup sur coup de deux normes internationales marque un tournant dans la consolidation des bonnes pratiques et dans l’harmonisation des méthodes de contrôle. Une étape importante pour accompagner l’industrialisation croissante de la fabrication additive.
Publiée en janvier 2026, la NF EN ISO/ASTM 52948 s’attaque à l’un des sujets les plus critiques : la classification des imperfections en fusion sur lit de poudre métallique. Pour la première fois, un référentiel détaillé décrit, catégorise et nomme les défauts susceptibles d’apparaître dans les pièces imprimées. Porosités, manques de fusion, fissures, inclusions, etc., chaque imperfection bénéficie d’une définition standardisée, utile aussi bien aux fabricants qu’aux utilisateurs finaux et organismes d’essai.
Cette avancée répond à un besoin devenu pressant : disposer d’un langage commun pour comparer, évaluer et fiabiliser les productions issues de l’additif métal.
En parallèle, la NF EN ISO/ASTM 52940, publiée en novembre 2025, met en lumière un domaine en forte montée : la fabrication additive de céramiques. Cette norme décrit une méthode pour la caractérisation des barbotines utilisées en photopolymérisation en cuve, un procédé encore jeune et porteur d’innovations. Viscosité, homogénéité, comportement photoréactif, stabilité dans le temps : autant de paramètres cadrés pour assurer la répétabilité du procédé et la qualité des pièces obtenues.
Cette normalisation est loin d’être anodine. Les céramiques techniques, réputées pour leur résistance extrême à la chaleur, à l’usure ou aux environnements chimiques sévères, représentent en effet un levier d’innovation stratégique. En définissant des critères précis pour maîtriser la matière première, la norme prépare le terrain à une montée en échelle industrielle.
Avec ces deux textes, c’est un mouvement de fond qui s’enclenche et confirme que l’industrialisation de l’impression 3D passe nécessairement par la normalisation. Des matériaux aux machines, du procédé aux méthodes de contrôle, chaque élément du cycle de fabrication bénéficie aujourd’hui d’un cadre plus clair et harmonisé.
Pour les entreprises, ces normes constituent un socle technique indispensable pour sécuriser les investissements, développer des chaînes de production robustes et favoriser l’interopérabilité entre acteurs.
Des sujets largement abordés à l’occasion de la 3e édition du congrès international dédié à la fabrication additive, Metal AMS, les 25 et 26 mars 2026 à Senlis.
Par ailleurs et afin d’avoir une vision complète de l’écosystème normatif de la fabrication additive, l’Union de normalisation de la mécanique et le Cetim ont lancé en 2025 le site https://veille-normative.unm.fr