Quand il présente le nouveau site du Cetim à Cheviré (Loire-Atlantique), Pierre Bonnet, directeur commercial, ne cache pas sa fierté : « C’est le fleuron du groupe pour accompagner les défis des mécaniciens sur tous leurs développements en environnement gaz et cryo sévères ». Qu’ils s’interrogent sur le passage d’une solution fioul lourd au gaz naturel liquéfié (GNL) comme dans la marine, sur le vieillissement d’un environnement méthane en hydrogène ou sur les conséquences mécaniques de la capture de dioxyde de carbone (CO2), ce laboratoire dédié aux environnements sévères constitue un atout de premier ordre qui s’inscrit au sein de l’ensemble du monde multiphysique et multitechnologique qu’est le Cetim. Résoudre ces challenges nécessite en effet la maîtrise de domaines et technologies très différents dont il possède l’expertise.
Un sujet au centre des préoccupations du Cetim depuis 20 ans
« Le Cetim n’a pas attendu l’intérêt relativement récent pour le GNL, le méthane, l’hydrogène ou autre CO2 pour s’y intéresser. Cela fait plus de 20 ans que nous y travaillons », souligne Pierre Bonnet. En tant que centre Atex (Atmosphère explosive), ce centre de Cheviré joue un rôle majeur dans cette stratégie, devenue d’autant plus centrale que ses différents acteurs, notamment dans l’Oil & Gas, ont pris conscience de l’étendue des défis techniques à relever.
Afin d’étudier les conséquences de l’usage de ces gaz et de bien d’autres, tels l’hélium et l’ammoniac, sur la résistance et le vieillissement des matériaux, il est en effet doté de 3 types d’équipements, dont plusieurs, comme un liquéfacteur, uniques en France. Des appareils de mesure très fine, tels des spectrographes TDS (Thermo Distorsion Spectrographes), permettent d’observer la capacité des matériaux à absorber ces molécules. Des tests mécaniques sur la traction, la fatigue ou l’usure de systèmes, souvent soumis à de fortes pressions et températures, peuvent aussi être effectués, via notamment un tribomètre sous environnement sévère. La troisième catégorie vise à observer le comportement des composants à l’échelle réelle et peut être renforcée en cas de besoin par des partenariats avec des acteurs majeurs du secteur. Enfin et surtout, Cheviré bénéficie d’une expertise humaine de pointe, renforcée en permanence par une montée en compétences des ingénieurs, docteurs et techniciens qui y travaillent.
Un atout majeur dans une stratégie globale
Les principaux clients du centre, dont beaucoup travaillent à l’international, sont des logisticiens, notamment chargés du transport et de l’acheminement des gaz, des professionnels de la mobilité (route, rail et air), de la défense et bien sûr de l’industrie. « Ces environnements sévères, en évolution constante, génèrent des défis inédits. Grâce au centre de Cheviré et à l’ensemble de son écosystème, le Cetim permet aux industriels de les relever en adaptant aussi bien les systèmes que les hommes », conclut Pierre Bonnet.