L’étanchéité des tiges de manœuvre des robinets industriels est centrale pour maîtriser les niveaux d’émission dans l’atmosphère. Il faut en effet trouver un compromis entre la force de compression nécessaire à l’étanchéité et le niveau de frottement, apparaissant lors des manœuvres du robinet, qui augmentera avec le serrage.
Les travaux ont débuté il y a plusieurs années dans le cadre d’une action sectorielle réalisée avec un groupe réduit d’industriels. Objectif : développer une méthodologie capable de déterminer la plage optimale de fonctionnement du système d’étanchéité de tige. « Cette méthode de calcul repose sur un modèle mécanique, explique Hubert Lejeune, expert référent étanchéité au Cetim. On entre les caractéristiques géométriques et comportementales du système d’étanchéité, les matériaux du robinet, ses conditions d’utilisation et bien sûr le niveau d’étanchéité visé, et l’on obtient à l’arrivée l’effort de serrage le plus adapté ». De plus, le calcul s’assure que les limites mécaniques du système sont respectées et que les frottements engendrés ne sont pas trop importants en regard de la capacité de l’actionneur de tige installé. Ce premier projet se présentait sous la forme d’une simple feuille Excel de calcul facilement utilisable par les industriels. Le Projet stratégique sectoriel (PSS) Etanchéité est reparti de ces travaux dans le but de valider la méthodologie en se fixant des objectifs sur deux cas pratiques. L’effort de serrage optimal ainsi déterminé a non seulement été testé en laboratoire - chaque robinet était instrumenté pour mesurer au plus près les fuites, contraintes et déformations de manière à comparer les résultats avec le calcul -, mais aussi comparé avec les résultats obtenus par une analyse numérique plus complexe. Ces tests ont permis d’affiner la méthodologie.
A l’issue de ses travaux, le PSS a considéré qu’elle était normalisable. Les membres du projet ont donc soumis un premier texte au groupe de normalisation spécialisé piloté par l’UNM. Cette démarche a permis d’élargir le socle des entreprises parties prenantes au-delà des seuls cotisants Cetim, en particulier à des utilisateurs comme EDF, qui a aussitôt manifesté son intérêt et s’est beaucoup investi. Le texte a ainsi été retravaillé pour prendre une forme normative avant d’être soumis à d’autres industriels, extérieurs au groupe, qui ont fait part de leurs commentaires, donnant naissance à une « norme expérimentale ». « Les normes expérimentales sont des référentiels ‘à l'essai’, soumis à une période de mise à l'épreuve avant d'en conserver le contenu, en l'état ou révisé. L’objectif est de le mettre à disposition du public pour obtenir un maximum de retours d’expérience et ainsi être amélioré avant éventuellement de devenir une norme » explique Hubert Lejeune.
C’est ainsi qu’une idée développée au sein du Cetim et du PSS s’est diffusée à l’ensemble de l’industrie française ! En attendant éventuellement de passer à l’échelon européen…