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Normalisation : l’intelligence du futur
Outil d’intelligence économique permettant de bien préparer le futur, la normalisation joue un rôle prépondérant dans l’avenir de nos productions. Les entreprises qui participent aux projets de normes l’ont bien compris. La réforme des instances en cours doit encore accroître la transparence, la coordination des travaux et l’implication des PME.
La normalisation comme outil d’intelligence économique au service des entreprises : tel a été le thème développé lors de l’assemblée générale de l’UNM qui s’est tenue le 29 juin 2010. Un thème proche des préoccupations des industriels soucieux d’assurer la veille technologique et économique, la protection de leurs informations et la promotion de leur savoir-faire dans les normes.
D’ailleurs, l’intérêt des industriels pour les normes est bien réel.
C’est ce qu’explique Jean-Louis Rabourdin, le président de l’UNM, en introduction du rapport d’activité 2009.
« L’étude sur l’impact économique de la normalisation, conduite auprès d’un large panel d’entreprises, dont seulement la moitié participe à des travaux de normalisation, et publiée par l’Afnor en juin 2009, montre que cet impact est clairement perçu comme un bénéfice ».
L’étude Afnor
Conduite auprès de 1 790 entreprises et des organismes, de toutes tailles et de tous secteurs d’activité, impliqués ou non dans un processus de normalisation, l’étude fait apparaître cinq grandes tendances.
- Valorisation. 70 % des entreprises interrogées considèrent que les normes volontaires contribuent à la valorisation de l’entreprise. Le capital de connaissances des personnes impliquées dans un travail de normalisation représente une vraie valeur.
- Innovation. 63 % pensent que la normalisation permet de mieux partager l’innovation et de mieux différencier les produits.
- Transparence et éthique. 61 % considèrent que les normes favorisent le respect des règles concurrentielles et 56 % approuvent leur caractère volontaire.
- International. Pour 70 % des personnes interrogées, les normes, qui sont à 90 % d’origine européenne et internationale, représentent un réel avantage dans le développement des échanges internationaux.
- Qualité des produits et services. 74 % des entreprises constatent que les normes permettent une plus grande maîtrise des problèmes de sécurité et 79 % qu’elles contribuent au respect de la réglementation.
Dans l’échantillon des répondants, 47 % des entreprises sont des PME. Les services représentent un peu plus de 50 %, l’industrie 37 %, le commerce un peu plus de 8 % et la construction près de 4 %. En ce qui concerne spécifiquement l’industrie, les produits métalliques et les machines et équipements comptent pour 25 %.
Il faut participer
Raison de plus alors, pour participer aux travaux normatifs, comme nous y invite Philippe Contet, directeur général de l’UNM.
« Participer aux travaux de normalisation facilite la collecte d’informations sur les normes en cours de développement, mais aussi sur les méthodes concurrentes et les attentes du marché, explique Philippe Contet. [La normalisation] … constitue un moyen privilégié pour promouvoir son savoir-faire et ses solutions dans les normes internationales, qui constituent le référentiel technique à portée mondiale, reconnu par les acteurs économiques. »
Le Cetim l’a bien compris et les actions de R&D sectorielle visent justement à assurer une forte présence en normalisation, en particulier internationale, gage de la qualité des produits et des services des industries mécaniques françaises et de leur accès aux marchés étrangers.
L’UNM et le Cetim répondent en ce sens à une demande croissante des professions. Les experts du Cetim participent ainsi activement, dans bien des cas en position d’animateur ou de leader, à 207 groupes de normalisation nationaux, européens et internationaux.
Des instances réformées
L’élan des industriels pour la normalisation doit trouver son pendant dans la réforme des instances de normalisation instituée par décret (décret 2009-697 de juin 2009) et qui doit permettre de clarifier la participation des entreprises dans les travaux relatifs aux projets des normes.
Le décret précise ainsi que l’activité des bureaux de normalisation est dorénavant évaluée par rapport à la nouvelle norme (NF X 50-088 « Référentiel d’évaluation de l’activité des bureaux de normalisation »).
Pour y répondre pleinement, l’UNM demande dorénavant aux experts de communiquer les intérêts qu’ils représentent. Ces informations sont mentionnées sur les listes de présence de chaque réunion. Chaque membre de commission doit également indiquer son rôle par rapport au produit normalisé : fabricant, utilisateur, expert technique, etc.
Pour aider les PME à participer aux travaux, des aides ont par ailleurs été mises en place. Trois millions d’euros y ont été consacrés depuis 2007. Les PME (entreprise de moins de 250 salariés ayant une activité de production) peuvent ainsi bénéficier d’une aide financière jusqu’à 50 % des dépenses prévisionnelles engagées.
Le décret 2009-697 de juin 2009 harmonise l’action des opérateurs de la normalisation afin d’assurer une plus grande efficacité de l’ensemble et d’assurer une unification des positions prises par la France à l’international.
Il précise également que les normes rendues d’application obligatoire sont consultables gratuitement sur le site internet de l’Association française de normalisation.
Contacts :
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